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Les filets perdus par les pêcheurs, un danger pour la biodiversité marine

Publiée le 07 mai 2009 à 05:32 dans Actualité de l'agriculture et de la pêche

Selon un rapport du PNUE et de la FAO, les filets et les équipements de pêche abandonnés ou perdus continuent de pêcher tous seuls : cette pêche "fantôme" a des répercussions inquiétantes sur les espèces marines.

Filets de pêche

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) tirent la sonnette d'alarme.

"Un nombre considérable d'équipements de pêche perdus ou abandonnés par les pêcheurs ont des répercussions néfastes sur les stocks de poissons et posent une menace pour les bateaux" explique un communiqué des Nations Unies.

Les équipements laissés à l'abandon dans les océans représentent 10 % des déchets marins, soit 640 000 tonnes de déchets. Les filets perdus lors des tempêtes ou des forts courants provoquent la capture continuelle, pendant des mois voire des années (pêche fantôme) des poissons, mammifères et oiseaux marins, tortues de mer, qui restent coincés dans les filets et meurent.

De plus, les filets en mer peuvent endommager les bateaux, les filets des autres pêcheurs et causer des problèmes de navigation et des accidents en mer.

Le danger des filets maillants

L'interdiction en 1992 de l'utilisation de filets de mauvaise qualité a réduit considérablement le nombre de filets dérivants. Mais les filets maillants utilisés aujourd'hui sont encore plus nocifs : tenus par des bouchons à la surface, ils forment un mur vertical sous l'eau qui peut aller de 600 à 10 000 mètres. " Si un filet maillant est abandonné ou perdu, il peut continuer à pêcher tout seul pendant des mois - parfois, pendant des années - et tuer sans distinction poissons et autres animaux" explique l'ONU.

Les pièges et les nasses représentent également un danger pour les espèces. "Dans la baie de Chesapeake aux États-Unis, environ 150.000 pièges à crabes sont perdus chaque année et environ 500.000 sont déployés. Dans l'île des Caraïbes, en Guadeloupe, les 20.000 pièges posés chaque année se perdent lors de la saison des ouragans" déplore l'ONU.

Incitation financière, estampillage et nouvelles technologies

Le rapport de la FAO et du PNUE propose des solutions. Une incitation financière pourrait notamment motiver les pêcheurs à retrouver le matériel perdu et à le ramener au port, mais il est parallèlement nécessaire d'améliorer la collecte et l'élimination des équipements usagés.

Les nouvelles technologies pourraient permettre de localiser les filets fantômes, et les nouveaux matériaux de concevoir des "équipements durables faits à partir d'éléments biodégradables".

L'estampillage des équipements est également envisagé dans le rapport : il ne doit pas "consister à identifier les criminels mais plutôt à essayer de mieux comprendre les raisons qui justifient la perte des équipements et à identifier des mesures préventives appropriées pour contrer le fléau". Les navires devraient également consigner tous les équipements perdus.