Croissance urbaine et pauvreté

La croissance urbaine au niveau mondial est considérable depuis les années 1990 : 700 nouvelles villes sont nées en à peine 30 ans, et abritent 250 millions de nouveaux 'habitants urbains.
L'exode des populations rurales vers les villes s'effectue majoritairement dans les pays en voie de développement, qui sont responsables de 95 % de la croissance urbaine mondiale.

Depuis 2008, la moitié des habitants de la planète vivent en ville. 30 villes dans le monde comptabilisent plus de 10 millions d’habitants. Les villes de Mumbai (Bombay), Séoul, Mexico, New York en ont plus de 20 millions, lorsque Tokyo en compte plus de 37 millions.

La population urbaine des pays en développement devrait doubler d'ici à 2050 selon les Nations Unies. Le nombre d'habitants des villes s'élèvera alors à 5,3 milliards d'habitants, dont près 2/3 vivront en Asie et 1/4 en Afrique, continent qui connaît aujourd'hui la révolution urbaine la plus brutale.

La pauvreté est liée à la croissance urbaine : la population qui fuit la misère des campagnes se retrouve entassée en ville dans des bidonvilles d'une précarité et d'une pauvreté extrême.

Les villes connaissent les inégalités sociales les plus flagrantes. Dans les pays en voie de développement, mais aussi des des pays industrialisés, des quartiers débordent de richesses quand une grande partie de la population vit dans des conditions de misère intolérable, au sein de bidonvilles insalubres et dangereux.

Le coefficient de Gini mesure l’inégalité des revenus dans un pays ou une ville : le chiffre 0 représente l’égalité parfaite (tous les revenus sont identiques) et le chiffre 1 l'inégalité totale (une seule personne reçoit tous les revenus et tous les autres ne perçoivent rien). Le seuil de 0,4 est considéré comme un seuil d'alerte.

L'ONU a utilisé la coefficient Gini pour mesurer les écarts de revenus dans de nombreuses villes à travers le monde : les plus grandes villes des Etats-Unis dépassent le seuil de 0,4, et ont des niveaux d'inégalités comparables à Abidjan, Buenos Aires ou Nairobi.
Des villes d'Amérique du Sud ou d'Afrique, comme Sao Paulo, Bogota ou Johannesbourg dépassent le seuil de 0,6, voire de 0,7, considéré comme dangereux car "socialement explosif".

Les pays qui ont le coefficient Gini le plus élevé sont des pays africains et d'Amérique du Sud, avec un seuil égal ou supérieur à 0,6 : Afrique du sud, Lesotho, Bolivie, Bostwana, Brésil, Chili, Panama, Sierra Leone, Swaziland…

La mise en oeuvre de politiques nationales et internationales de lutte contre la pauvreté, la lutte contre les inégalités sociales, l'encouragement à la réhabilitation de la culture vivrière dans les campagnes, l'installation des services sanitaires de base dans les bidonvilles... et des centaines d'autres mesures, en terme de décentralisation urbaine notamment, pourront laisser entrevoir une solution à cette grave crise d'urbanisation galopante et de pauvreté massive.


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