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Biodiversité : le nombre d'espèces diminue de façon alarmante

Publiée le 19 juillet 2017 à 06:45 dans Actualité de la biodiversité

Une étude de chercheurs américains et mexicains publiée dans Proceeding of the National Academy of Science (PNAS), dénonce le recul massif des espèces de vertébrés, aussi bien en nombre d'animaux qu'en surface occupée sur la Terre. Les conséquences environnementales, économiques et sociales de cette extinction sont catastrophiques.

Biodiversité : le nombre d'espèces diminue de façon alarmante

Gerardo Ceballos (de l'Université Nationale du Mexique), Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo (Université de Stanford) avaient déjà confirmé que la biodiversité entrait dans une sixième ère d'extinction de masse.

Leur récente publication a quantifié le déclin de groupes d'animaux sur un territoire (populations d'espèces au lieu de nombre d'espèces).  

Les conclusions confirment une diminution dramatique des populations de vertébrés. 32 % des espèces de vertébrés subissent un déclin de leur population, 40 % des espèces de mammifères voient leur aire de répartition diminuée de 40 %. Certaines espèces emblématiques, comme les lions, ont vu de 43 % de leur population décliner (35 000 individus subsistent aujourd'hui).

"La réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique" estiment les chercheurs.

Des espèces communes en déclin

Le déclin des espèces ne concerne pas seulement les espèces phares comme le lion ou le tigre, mais aussi et surtout des espèces très communes que nous côtoyons au quotidien, dans nos villes et nos campagnes. 

En France, le moineau commun, le chardonneret, l'alouette des champs ou encore le triton ont subi un effondrement de leurs populations. "Qu’autant d’espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l’épisode d’extinction biologique actuel" souligne Gerardo Ceballos.

La destruction de l'habitat de ces espèces est une des principales raisons de leur déclin. Pratiquement toutes les espèces ont perdu au moins 30 % de leur habitat, certaines ont vu leur territoire détruit à 80 %. Au total, 50 % de vertébrés ont disparu depuis 40 ans.

Dans chaque écosystème, toutes les espèces sont interdépendantes. Chaque extinction peut en entraîner une autre en cascade.

La protection de la biodiversité, vitale pour l'espèce humaine

La biodiversité rend des services vitaux à l'espèce humaine : respirer, boire, manger, se soigner, lutter contre le changement climatique... La pollinisation des cultures, la fertilisation des sols, la purification de l'eau, de l'air... sont le fruit du travail de la biodiversité.

Les causes de la destruction des espèces sont bien connues : destruction de l'habitat, déforestation, agriculture intensive, introduction d'espèces invasives, pollution, urbanisation, surpêche, chasse et braconnage, réchauffement climatique, érosion génétique des espèces, maladies... mais aussi et surtout la surpopulation humaine et la surconsommation des populations les plus riches.

De nombreuses solutions existent. Les chercheurs appellent à réduire la croissance de la population humaine, sa consommation, à interdire le commerce des espèces menacées, à réduire le rythme infernal de la surconsommation, à aider les pays en voie de développement à maintenir leur biodiversité, notamment par la sauvegarde des habitats, à obliger les industriels à utiliser des technologies moins destructrices pour les espèces...

Chacun peut contribuer à la préservation de la biodiversité, notamment en adoptant des modes de consommation plus responsables (produits locaux, bio, lutte contre le gaspillage, réduction des déchets...)

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