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Ecotourisme : les entreprises y gagnent

Par Annabelle Alix. Publiée le 06 septembre 2011 à 13:10 dans Actualité de l'environnement

Un guide pratique, Biodiversité et Tourisme, vient d’être publié sur le site du ministère de l’économie. Il propose un accompagnement aux entreprises désirant s’engager dans l’écotourisme. Mathilde Régnard, chargée de mission en la matière, a travaillé pour le réseau Hostelling International Islande. Elle nous présente les enjeux d’une telle démarche.

Paysage campagne

Annabelle Alix : Qu’est-ce que l’écotourisme ?
Mathilde Régnard : L’écotourisme consiste, pour une entreprise du secteur touristique et ses clients, à limiter l’impact environnemental de leurs activités.

A.A : Quel est l’intérêt, pour une entreprise de ce secteur, de s’engager dans l’écotourisme ?
M.R. : Les acteurs du tourisme ont pour mission de promouvoir leur région, leur pays. S’ils ne pensent qu’à court terme, ils tuent leur entreprise à petit feu. Car une mauvaise gestion des déchets, ou encore une consommation excessive en eau, se paieront sur long terme. L’épuisement des ressources naturelles et la pollution de l’environnement au fil du temps diminueront l’attractivité du pays, dont les touristes se détourneront. Les lieux de pleine nature sont particulièrement concernés, du fait de la détérioration rapide de la flore et de la disparition progressive de la faune, si celles-ci ne sont pas respectées. Les établissements d’hébergement peuvent agir, notamment en encourageant les touristes qui y séjournent à modifier leurs comportements. D’autres actions peuvent également émaner des collectivités territoriales, de l’office de tourisme, des compagnies aériennes, ...

A.A : Cette démarche est-elle chère ? Est-elle accessible à n’importe quelle structure ?
M.R. : Les labellisations et certifications environnementales sont payantes. Il en existe tout un panel à destination des hébergements touristiques, comme la clef verte, le green globe, labels de portée internationale, ou le cygne nordique, label officiel des pays nordiques. Ceux-ci sont délivrés par des organismes indépendants, qu’il faut payer. Mais s’ils permettent d’officialiser le travail de l’établissement, les labels ne sont pas indispensables à la démarche. Une entreprise peut très bien s’engager dans l’écotourisme à un faible coût. Un exemple : l’acquisition d’économiseurs d’eau. Ils permettent de réduire de moitié la pression de l’eau qui s’écoule des robinets, et ne coûtent pas cher du tout. En revanche, les économies d’eau qu’ils génèrent seront la source d’une réduction de charges pour l’établissement.

A.A : « Ecotourisme » rime-t-il réellement avec « économie financière » ?
M.R. : C’est souvent le cas. Prenons un autre exemple. La récupération des déchets et leur tri ultérieur par des prestataires externes représentent un coût pour les entreprises. Un tri de ces déchets par l’entreprise elle-même nécessiterait l’achat de poubelles supplémentaires, et un peu de communication interne. Mais il allégerait le service rendu par le prestataire, et donc son prix, dégageant ainsi un gain financier non négligeable. L’objectif du tourisme responsable est de trouver un équilibre entre la promotion de l’environnement, du social et de l’économie, l’un n’excluant pas l’autre. Il permet aux entreprises de gagner en pérennité, en économie et en image.

A.A : Quelles sont les étapes à suivre pour développer l’écotourisme ?
M.R. : Tout d’abord, il faut effectuer un état des lieux de la situation (consommation énergétique de l’établissement, rejets dans l’environnement...), afin de définir les actions pouvant être mises en œuvre. Un établissement d’hébergement pourra chercher à réduire sa consommation (en énergie, en eau...). Puis ses actions pourront consister en l’élaboration d’une politique d’achats responsables (en matière alimentaire, en équipements bureautiques...). Il pourra investir dans la communication auprès des clients (informations sur les écogestes...), et dans la formation puis la valorisation des employés (prime à l’environnement en fonction des objectifs environnementaux réalisés...). Les services proposés aux touristes pourront correspondre à une démarche environnementale (vente de produits labellisés ou issus du commerce équitable, petits déjeuners bio, poubelles permettant le tri des déchets, tableaux de covoiturage...)

A.A : Le guide publié par le gouvernement est-il une bonne chose ? Que peut-il apporter aux entreprises ?
M.R. : Ce guide permet aux petites structures sans gros moyens d’orienter leur démarche, et leur évite d’avoir à faire appel à un organisme de certification payant. Mais il existe d’autres guides publiés par des institutions régionales (chambres de commerce et d’industrie...), parfois plus proches des problématiques locales auxquelles les entreprises peuvent être confrontées.

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