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Cancer : le chlordécone des bananeraies formellement incriminé

Publiée le 23 juin 2010 à 07:16 dans Actualité de la santé

Une étude de l'INSERM, de l'université de Liège et du CHU de Pointe-à-Pitre accuse formellement le chlordécone, un insecticide utilisé dans les bananeraies antillaises pendant 20 ans, d'augmenter le risque de cancers de la prostate.

Bananes

Les plantations de bananes en Guadeloupe et en Martinique ont été aspergées de l'insecticide chlordécone pendant une vingtaine d'années, pour combattre le charançon, l'un des principaux ravageurs des bananiers.

Ce produit phytosanitaire a provoqué une pollution durable des sols, des eaux des rivières et des sédiments, ainsi que l'exposition d'une partie de la population antillaise à ses effets nocifs.

Le chlordécone est un perturbateur endocrinien, officiellement déclaré responsable d'une augmentation significative du risque de cancer de la prostate, notamment chez les personnes présentant une "concentration en chlordécone supérieure à 1 microgramme par litre de sang" selon les chercheurs.

L'accroissement du risque sanitaire résulte plus de la consommation de produits alimentaires contaminés que de l'exposition à l'insecticide des agriculteurs, selon l'étude.

Un scandale sanitaire

L'insecticide avait été interdit aux États-Unis dès 1976. Il a été proscrit en métropole en 1990 et il a fallu attendre 1993 pour qu'il soit banni des Antilles.

"D'énormes erreurs ont été commises, qui rappellent furieusement les grands enjeux de sécurité sanitaires des années 1980 et 1990: hormone de croissance, vache folle..." a déclaré le professeur William Dab, président du Conseil scientifique du Plan chlordécone en Martinique et en Guadeloupe.

La pollution de l'environnement par le chlordécone est considérable et aggravée par le fait que cet insecticide a une durée de vie très longue.

"Quelque 80000 personnes habitent dans des zones où le sol est contaminé et 13000 individus absorbent chaque jour, en mangeant des légumes qu'ils cultivent, une quantité de chlordécone dépassant la valeur toxicologique de référence: 0,5µg/kg/j. Il faut aider la population à se préparer à vivre avec un problème qui n'est pas près de disparaître: la demi-vie du chlordécone dans le sol est de six siècles!" a ajouté le professeur Dab, propos rapportés par Le Monde.

Les Antilles connaissent une très forte prévalence du cancer de la prostate : il représente 50 % des cancers tous sexes confondus, dépistés en Martinique et en Guadeloupe. Le chlordécone n'est pas le seul responsable mais pourrait expliquer en partie ce phénomène.

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