Accessibilité Aller au contenu Le littoral français soumis aux aléas marins et à l’activité humaine

Le littoral français soumis aux aléas marins et à l’activité humaine

Par Josselin Renaud. Publiée le 02 juin 2010 à 12:06 dans Actualité météo et catastrophes naturelles

Le risque de submersions marines et l’érosion du littoral affectent la plupart des aménagements effectuées sur les côtes françaises. D’origine naturelle, ces phénomènes sont accentués par l’homme.

Littoral de Belle Ile en Mer

Selon l’association Mission Risques Naturels (MRN), un peu plus de 1400 communes seraient exposées à l’aléa submersion marine, dans les zones situées à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Il s’agit d’inondations épisodiques des terres situées en-dessous du niveau des plus hautes eaux : la frange côtière est alors envahie par la mer.

Ce phénomène est souvent le résultat de la combinaison d’une marée d’équinoxe et d’effets météorologiques mais peut aussi avoir comme cause des vagues de forte amplitude, le débordement ou la rupture de digues. Les régions Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Nord-Pas-de-Calais sont particulièrement exposées. Pour toute la France, le nombre de logements situés dans des zones de faible altitude s’élève à plus de 200 000 pour les zones à moins de 2 mètres d’altitude.

L’érosion touche plus d’un quart de la France

L’érosion du littoral est un processus naturel au cours duquel l’eau et le vent retirent, transportent et déposent des particules de sol et de roche. Elle se traduit par un recul du trait de côte, c’est-à-dire de la frontière entre le monde terrestre et le monde marin.

La France est particulièrement touchée puisque plus d’un quart de son littoral s’érode. 60 % des plages normandes tendent à reculer. Sur les falaises de craie de Seine-Maritime, le recul est de 20 cm par an en moyenne. Dans le Nord-Pas-de-Calais, 70 % environ du trait de côte est en régression. Le Languedoc-Roussillon est lui aussi particulièrement atteint. Enfin, même si elle est moins marquée dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle est visible sur 17 % des côtes.

L’activité humaine est également responsable

Les deux risques menaçant les littoraux sont étroitement liés. Lors des tempêtes, la surélévation du plan d’eau et l’énergie plus grande des houles accélèrent l’érosion. D’autre part, le recul du littoral et la disparition des cordons dunaires rendent les aménagements plus vulnérables face à la submersion marine.

Si ces phénomènes ont des causes naturelles, ils sont aussi dus en partie à l'activité humaine. La plupart des cours d'eau sont aménagés par des installations plus ou moins lourdes, comme les barrages, qui réduisent l'apport en sable et en sédiments sur les côtes. Les habitations et les travaux effectués le long de celles-ci sont aussi responsables. Dans le Languedoc-Roussillon, les stations balnéaires ont été construites sur les dunes qui ont perturbé les échanges de sables entre la plage et le système dunaire.

Selon les études réalisées pour le Grenelle de la mer en 2009, la loi littoral visant à encadrer l'aménagement de la côte, notamment pour la protéger des excès de la spéculation immobilière, était insuffisamment appliquée.

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